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L'Est Républicain, Une vision à long terme, 31-01-2012

 

Une vision à long terme

 

Rugby - 2 e série - Du côté de l’Embar
Une vision à long terme


Née cet été de l’union entre le RCBM et l’ASCAP, l’Embar se porte comme un charme. Avant la venue de Seurre, l’épouvantail de la poule, les hommes d’Abbamonte restent sur neuf succès de rang. L’histoire semble belle.

Montbéliard. Il était l’homme de la situation. Le rugby, ses règles, ses valeurs, ses secrets, Jean-Jacques Abbamonte connaît tout cela sur le bout des doigts... Lui, le Montbéliardais pur souche, n’a donc pas hésité à s’embarquer dans le projet Embar, né cet été de la fusion entre l’ASCAP et le RCBM, qui alliaient déjà leurs forces en catégories jeunes.

Terminé Pontarlier. Jean-Jacques Abbamonte s’est retroussé les manches et, aidé de ses adjoints, s’est attaché à rassembler. Composer un seul et même groupe. Un seul et même état d’esprit. Sous sa responsabilité, 85 seniors suent sang et eau avec ce nouveau maillot sur les épaules.

« Ça a bien pris », se satisfait le coach de l’équipe première, qui en 2 e série reste sur neuf succès de rang, dont sept sans encaisser le moindre point, « les gars ont bien travaillé, ont bien assimilé les choses. En plus du jeu, il fallait introduire un peu plus de discipline et de rigueur dans les comportements, sur le terrain et en dehors. Je n’ai rien contre le sport loisir au contraire, mais si on veut faire de la compétition, il faut faire des efforts et des sacrifices. »

Une philosophie qui paie, mais qui devra faire ses preuves dans la durée. « Il ne faut pas brûler les étapes », prévient Jean-Jacques Abbamonte, dont le prochain objectif sera d’établir « un plan de jeu référent pour l’ensemble des catégories jeunes, qui doivent s’y retrouver en seniors. »

L’aire urbaine Belfort-Montbéliard, avec ses 300.000 habitants, n’a pas de club de rugby de haut niveau. Pas encore. Christophe Barraux n’a pas la folie des grandeurs, mais pas à pas, doucement, sûrement, les dirigeants espèrent grandir. « L’objectif à terme, d’ici à cinq ans, c’est la Fédérale 3 », avance le président, « cette année, on l’imaginait comme une transition, avec la construction d’un groupe. Le but avoué n’est pas de monter mais si ça vient, on prendra. »

Leader au classement, l’Embar accueille dimanche Seurre, l’épouvantail de la poule, actuel second avec un match en retard. Les joues des hommes d’Abbamonte sont encore rouges de la gifle reçue à l’aller (34-3). « On n‘était pas encore prêt. Sur le papier ils sont supérieurs, mais un exploit est toujours possible », espère Christophe Barraux. « C’est un défi intéressant, on verra si on est capable de hisser notre niveau de jeu », rebondit son entraîneur. Un premier sommet dans l’histoire toute récente du club franc-comtois (120.000 euros de buget cette année), qui attise les curiosités et suscite quelques espoirs. Attention, l’avenir de l’Embar ne se jouera pas ici, sur ces quatre-vingts minutes. « La route est encore longue », insiste Jean-Jacques Abbamonte. Et les premiers pas sont prometteurs.

Willy GRAFF